Rénovation énergétique, oui mais à quel rythme ?

Publié le 16 mars 2021

 

Rénovons pour sauver la planète. Si un large consensus se dégage autour de la rénovation énergétique des bâtiments, en revanche, on sent de sérieux tiraillements sur le rythme à lui donner.  

 

Deux camps s’affrontent. D’un côté, ceux qui tentent de freiner les ambitions en matière de rénovation, pour éviter la sortie de route et ne pas déstabiliser davantage le marché immobilier. De l’autre, ceux qui invoquent l’urgence climatique, et veulent avancer à la vitesse grand « V ». La loi « Climat et résilience » actuellement à l’Assemblée nationale traduit volontiers ce débat. Plus de 5300 amendements déposés à ce jour alors que son examen commence à peine, et c’est loin d’être fini.

Il y a d’abord ceux qui se livrent à une forme de surenchère. La loi veut geler les loyers des passoires thermiques partout en France ? Des députés proposent d’aller plus loin et de carrément réduire ces loyers ! La loi programme une interdiction des locations de logements F et G à horizon 2028 ? Pas assez rapide, estiment encore d’autres élus. À l’instar de l’ex-ministre de l’Écologie, Delphine Batho, dont l’amendement proposait une interdiction de mise en location d’un logement F ou G dès 2022, et une interdiction de toute location pour ces mêmes logements dès 2025 ! Disons-le, l’échéance de 2028 pour l’interdiction de location des passoires énergétiques a peu de chance d’être revue. Elle apparaît d’ores et déjà comme une des mesures phares de ce vaste projet de loi, et la commission spéciale chargée d’examiner le projet à l’Assemblée nationale, l’a d’ailleurs validée la semaine passée.

 

Rien n’est joué pour autant. Car il y a aussi ceux qui tenteront de réduire la hauteur de cette vague verte. On l’a vu par le passé -justement en matière de décence énergétique-, entre les promesses d’une loi et sa mise en œuvre, il existe parfois un fossé. Derrière l’annonce en fanfare d’une interdiction de louer un logement F ou G, dès 2028, les curseurs peuvent sacrément bouger :

  • Tous les logements seront-ils concernés ou seulement ceux en monopropriété ?
  • Ce seuil de décence énergétique s’appliquera-t-il à n’importe quelle location ? Ou uniquement aux nouveaux baux et renouvellement de baux ?

Selon les arbitrages, le couperet annoncé pour 2028 pour les logements F et G ne sera peut-être pas aussi tranchant qu’on l’imagine aujourd’hui. Combien parmi les 4,8 millions de passoires énergétiques recensées en France, seront au juste concernées ? Beaucoup risquent encore d’échapper à l’interdiction. Du moins pour un temps. Car après tout, on sait déjà que 2028 ne sera qu’une première vague et que cette rénovation est désormais une lame de fond.

 

Partagez cette actualité sur vos réseaux sociaux